Burkina Faso : Bassolma Bazié appelle Da Sié de Bindouté à poursuivre le débat public au nom de l’intérêt national
Ouagadougou – Dans une lettre ouverte largement relayée sur les réseaux sociaux, Le président de la Commission nationale de l’AES du Burkina Faso Bassolma Bazié a publiquement adressé un message de soutien et d’encouragement à l’analyste politique Da Sié de Bindouté, à la suite de ses excuses publiques et de sa décision de se retirer de l’émission 7 Info diffusée sur BF1 TV, après une observation du Conseil supérieur de la communication (CSC).

Un message de reconnaissance et de respect
Dans son courrier, Bassolma Bazié commence par saluer l’engagement et le sacrifice de Da Sié de Bindouté au service du Burkina Faso. Il souligne notamment le courage dont a fait preuve l’analyste politique en présentant publiquement ses excuses, un acte qu’il qualifie de rare dans le contexte actuel.
« Tu as eu le courage d’homme de présenter tes excuses à la face du monde entier », écrit-il, estimant que cette capacité à reconnaître ses torts est en voie de disparition.
Le CSC, un rôle de régulation assumé
Revenant sur la décision du Conseil supérieur de la communication, Bassolma Bazié reconnaît le rôle de régulation de l’institution, tout en saluant l’attitude responsable de Da Sié de Bindouté, qui a choisi de s’y conformer.
Selon lui, cette séquence ne saurait remettre en cause le patriotisme de l’analyste politique, dont les interventions visaient, d’après ses mots, l’intérêt supérieur du pays et non des intérêts personnels.
La tradition comme socle de médiation et de pardon
Au cœur de la lettre, Bassolma Bazié invoque la tradition africaine, qu’il présente comme un cadre fondé sur la médiation, le pardon et la sagesse collective. Se positionnant en « grand frère », il affirme symboliquement « racheter le pardon » accordé par Da Sié de Bindouté et l’invite à reconsidérer sa décision de quitter les plateaux télévisés.
« Dans la Tradition, la parole d’un grand frère qui achète le pardon de son petit frère surplombe tout », insiste-t-il, appelant à un retour de l’analyste sur BF1 TV pour continuer à nourrir le débat public.
Une expérience personnelle pour illustrer l’engagement citoyen
Pour appuyer son propos, Bassolma Bazié évoque un épisode personnel survenu en 2024, durant lequel il avait sollicité et obtenu la clémence judiciaire pour une personne condamnée pour appel à assassinat à son encontre. Il précise que cette attaque était liée à son engagement pour une cause collective, soulignant ainsi les risques encourus par ceux qui prennent position dans l’espace public.
Défendre la souveraineté pour les générations futures
La lettre se conclut sur une réflexion plus large sur le sens du combat pour la souveraineté nationale. Bassolma Bazié affirme comprendre l’amertume exprimée par Da Sié de Bindouté lorsqu’il déclare que « au Burkina, si tu es bon il faut fuir », tout en rappelant que l’engagement citoyen vise avant tout à préserver l’avenir et la dignité des générations futures.
« Le sens du combat pour notre souveraineté, c’est éviter demain cette posture déshumanisée à nos progénitures », écrit-il, qualifiant cet engagement de difficile mais nécessaire.
Un appel à la médiation institutionnelle
Enfin, Bassolma Bazié indique sa volonté d’explorer, avec des personnes ressources, des voies de médiation auprès du CSC, qu’il décrit comme une institution ouverte et capable de tenir compte à la fois de l’intérêt des médias, de l’opinion publique et de l’État.
