Burkina Faso : l’ALT abroge la charte des partis politiques, leur financement public et le statut de l’opposition

Ouagadougou, 9 février 2026 – Réunis en séance plénière ce lundi à Ouagadougou, les députés de l’Assemblée législative de Transition (ALT) ont adopté à l’unanimité le projet de loi portant abrogation de trois textes majeurs encadrant la vie politique au Burkina Faso.
Cette décision marque une étape décisive dans le processus de refondation politique engagé par les autorités de la Transition.
Les textes concernés sont :
- la loi n°032-2001/AN du 29 novembre 2001 portant charte des partis et formations politiques ;
- la loi n°008-2009/AN du 14 avril 2009 relative au financement public des partis politiques et des campagnes électorales ;
- la loi n°009-2009/AN du 14 avril 2009 portant statut de l’opposition politique, ainsi que sa loi modificative n°046-2013/AN du 17 décembre 2013.
Une réforme inscrite dans la vision du Président du Faso
À l’issue du vote, le Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a souligné que cette adoption s’inscrit pleinement dans la dynamique de refondation impulsée par le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré.
Il a rappelé qu’à l’occasion de son adresse à la Nation prononcée le 17 janvier 2023 à l’Université Joseph Ki-Zerbo, le Chef de l’État avait instruit le gouvernement d’engager une réforme profonde du système partisan, jugé excessivement fragmenté et peu en phase avec les réalités du pays.
« L’aboutissement de cette importante étape du processus de refondation politique permet de renforcer la cohérence de l’action gouvernementale avec les idéaux de la Révolution progressiste populaire (RPP) et d’ouvrir la voie à une réforme du mode de gouvernance politique dans notre pays », a déclaré le ministre d’État.
Rompre avec un système partisan jugé néocolonial
Selon le gouvernement, cette réforme vise à rompre avec un système partisan à caractère néocolonial, fondé sur des clivages politiques importés et largement déconnectés :
- des enjeux sécuritaires majeurs auxquels fait face le Burkina Faso ;
- des exigences actuelles de renforcement de l’unité nationale ;
- des aspirations réelles des populations.
Les autorités estiment que le cadre juridique antérieur favorisait une prolifération de partis sans véritable ancrage populaire, contribuant davantage à la division qu’à la cohésion nationale.
Une réponse aux attentes des Forces vives
L’adoption de cette loi répond également aux recommandations issues des consultations régionales des Forces vives de la Nation, qui avaient appelé à une refonte en profondeur du système politique burkinabè.
Pour le gouvernement, cette décision constitue un levier important pour :
- renforcer la cohésion sociale ;
- consolider l’unité nationale ;
- adapter la gouvernance politique aux réalités de la Transition et du contexte sécuritaire.
Un tournant majeur dans la vie politique burkinabè
Avec cette abrogation, le Burkina Faso ouvre une nouvelle page de son histoire politique, en attendant l’élaboration d’un nouveau cadre juridique censé mieux refléter les priorités nationales et la vision souverainiste portée par les autorités de la Transition.
