Niger–Algérie : Niamey choisit la coopération pragmatique face aux enjeux énergétiques et géopolitiques
Le président nigérien a effectué une visite stratégique à Alger en avril 2025, accompagné d’une importante délégation ministérielle. L’objectif : sécuriser rapidement les revenus du Niger en matière de pétrole et de gaz, tout en poursuivant à long terme ses ambitions énergétiques via le corridor marocain. Le Burkina Faso suit le mouvement, tandis que le Mali observe avec prudence.

1. Contexte régional
La visite du président nigérien intervient dans un contexte de tensions avec l’Algérie, notamment après la destruction d’un drone malien par les forces algériennes. Le collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) a dénoncé cet acte comme une agression envers tous les États membres.
2. Une délégation ministérielle d’envergure
Le président nigérien était accompagné de plusieurs ministres : Défense, Santé, Équipement, Affaires étrangères, Pétrole et Énergie, Communication, Commerce et Industrie, entre autres. Une telle composition montre que la visite ne se limitait pas à une simple courtoisie diplomatique, mais visait des partenariats économiques et stratégiques.
3. Objectifs économiques et énergétiques
Le Niger cherche à vendre son pétrole et son gaz sur le marché international. Face aux défis techniques et financiers du corridor marocain (NMGP), l’option algérienne terrestre (TSGP) offre un itinéraire plus court, moins coûteux et déjà en grande partie construit, permettant au Niger de sécuriser rapidement des revenus tout en préparant l’avenir.
4. Position des autres États sahéliens
Le Burkina Faso a récemment signé des accords de coopération avec l’Algérie dans le domaine de l’énergie et des hydrocarbures, confirmant la dimension collective de ces initiatives. Le Mali, en revanche, reste prudent et évaluera la sincérité et la durabilité de cette normalisation régionale avant de prendre position.
5. Conclusion
Entre pragmatisme économique et enjeux géopolitiques, le Niger privilégie la coopération immédiate avec l’Algérie tout en poursuivant ses ambitions à long terme avec le corridor marocain. La région sahélienne observe ainsi une réorganisation stratégique autour des ressources énergétiques et de la diplomatie économique.
