Côte d’Ivoire – Niger : les révélations explosives du général Abdourahamane Tiani sur la crise ivoirienne (2000-2011)

Côte d’Ivoire – Niger les révélations explosives du général Abdourahamane Tiani sur la crise ivoirienne (2000-2011)


Dans une interview fleuve, le président nigérien Abdourahamane Tiani a livré des déclarations fracassantes sur la déstabilisation de la Côte d’Ivoire entre 2000 et 2011. Ancien commandant de bataillon déployé dans le pays sous mandat régional et onusien, il affirme avoir été un acteur direct des missions de paix, tout en accusant aujourd’hui Abidjan d’être impliquée dans des manœuvres contre le Niger. Des propos lourds de conséquences diplomatiques.


« J’ai traversé des cours d’eau que 80 % des Ivoiriens n’ont pas traversés »

Au cours de son intervention, le président nigérien est longuement revenu sur son passé militaire en Côte d’Ivoire. En juin 2004, alors officier supérieur, il dirigeait un bataillon nigérien déployé dans le cadre de la mission de la CEDEAO, avant d’intégrer la mission des Nations unies.

Il affirme avoir sillonné plusieurs zones sensibles du centre et de l’ouest ivoirien : du fleuve Bandama au lac de Kossou, en passant par Yamoussoukro, Daloa, Danané et les zones frontalières avec le Ghana. Son poste de commandement aurait successivement été établi à Zuénoula, Prikro, puis Daoukro.

Selon lui, ces missions s’inscrivaient dans un engagement « pour un idéal auquel on croyait », dans un contexte où la Côte d’Ivoire était profondément divisée par la crise politico-militaire déclenchée en 2002.


Retour sur la crise ivoirienne (2000-2011)

La période évoquée par le président nigérien correspond à l’une des phases les plus tumultueuses de l’histoire récente ivoirienne, marquée par la rébellion de 2002, la partition du pays, puis la crise postélectorale de 2010-2011.

Durant cette période, la Côte d’Ivoire était sous la surveillance de la mission des Nations unies (ONUCI) et des forces françaises de l’opération Licorne. Les autorités ivoiriennes de l’époque, dirigées par Laurent Gbagbo, accusaient régulièrement les Nations unies et la France d’ingérence dans les affaires intérieures du pays.

Dans son témoignage, Abdourahamane Tiani va plus loin : il affirme que des soldats français auraient pillé des agences de la Banque centrale dans des villes comme Korhogo et Bouaké, transportant d’importantes sommes en francs CFA. Des accusations graves qui, si elles étaient confirmées, pourraient raviver d’anciennes tensions diplomatiques.


L’épisode de l’Hôtel du Golf

Autre point marquant de son intervention : la sécurisation d’Alassane Ouattara à l’Hôtel du Golf lors de la crise postélectorale de 2010-2011.

Le président nigérien affirme que les troupes nigériennes ont joué un rôle clé dans la protection des autorités retranchées dans cet hôtel d’Abidjan, alors que la confrontation politique entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara plongeait le pays dans l’impasse.

Il insiste sur le caractère « impartial » de la mission nigérienne et rappelle que ses hommes sont restés huit mois sur le terrain, au lieu des six mois habituellement pratiqués dans ce type d’opérations.


Accusations actuelles contre Abidjan

Au-delà du passé, Abdourahamane Tiani a surtout formulé des accusations directes contre la Côte d’Ivoire actuelle. Il cite plusieurs dates précises entre août 2024 et décembre 2025, évoquant des réunions à l’Hôtel du Golf, à Jacqueville et au Plateau à Abidjan, impliquant selon lui des responsables ivoiriens, béninois et français.

Sans détailler publiquement les éléments de preuve, il affirme détenir des informations sur des financements et des rencontres visant à « nuire au Niger ». Il appelle les autorités ivoiriennes à répondre « en âme et conscience » sur ces événements.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et certains États côtiers d’Afrique de l’Ouest, notamment autour des questions sécuritaires et des accusations de déstabilisation.


Une dimension géopolitique régionale

Le président nigérien évoque également un précédent diplomatique aux Nations unies, affirmant que la France aurait utilisé son droit de veto pour empêcher la présentation de certaines preuves par les autorités maliennes.

Ces propos s’inscrivent dans la ligne politique adoptée par les autorités de transition au Niger depuis 2023, marquée par une rupture avec Paris et un repositionnement stratégique régional.


Une séquence à suivre de près

Les déclarations d’Abdourahamane Tiani pourraient raviver des débats sensibles sur le rôle des forces internationales en Côte d’Ivoire entre 2000 et 2011, ainsi que sur les relations actuelles entre Abidjan et Niamey.

About The Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *