Présidentielle au Bénin : la CEDEAO confie l’observation à Akufo-Addo dans un climat de boycott de l’opposition

À quelques jours de l’élection présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin, la CEDEAO a désigné l’ancien président ghanéen Nana Akufo-Addo pour diriger sa mission d’observation. Un scrutin marqué par une configuration politique réduite et le boycott du principal parti d’opposition.

citation (1)

Une mission d’observation sous haute attention

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a officiellement nommé Nana Akufo-Addo à la tête de sa mission d’observation électorale pour la présidentielle béninoise prévue le 12 avril 2026.

Selon Omar Alieu Touray, président de la Commission de l’organisation, cette mission sera déployée du 7 au 15 avril, conformément au protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance adopté en 2001.

La CEDEAO appelle les acteurs politiques à faire preuve de responsabilité et de retenue, insistant sur la nécessité de préserver un climat apaisé, marqué par la tolérance et le respect de l’État de droit. Le choix de l’ancien chef d’État ghanéen illustre la volonté de s’appuyer sur une personnalité expérimentée pour superviser un scrutin jugé sensible.


Une élection à deux candidats dans un climat contesté

Le scrutin se déroulera dans une configuration inédite avec seulement deux candidatures validées par la Cour constitutionnelle.

D’un côté, le tandem formé par Romuald Wadagni et la vice-présidente sortante Mariam Chabi Talata, soutenu par le pouvoir en place. De l’autre, Paul Hounkpè, accompagné de Judicael Hounwanou, pour la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE).

Cependant, cette configuration est fortement critiquée par une partie de l’opinion. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, dirigé par Nourénou Atchadé, a été exclu du processus électoral pour insuffisance de parrainages.

En réaction, la formation a annoncé qu’elle ne soutiendrait aucun candidat, optant pour une posture de neutralité qui s’apparente à un boycott politique. Une situation qui alimente les inquiétudes sur le caractère inclusif du scrutin.


Une campagne déjà lancée sur le terrain

La campagne électorale, ouverte le 27 mars, a rapidement pris forme sur le terrain. Romuald Wadagni, considéré comme le dauphin du président sortant Patrice Talon, a entamé une tournée dans le nord du pays.

À Kandi, Banikoara et Ségbana, dans le département de l’Alibori, il a mis en avant ses priorités : modernisation agricole, emploi des jeunes et renforcement de la sécurité dans les zones frontalières.

Face à lui, Paul Hounkpè apparaît comme le principal challenger, dans une élection que certains observateurs jugent peu compétitive en raison de l’absence d’une opposition majeure.


Un scrutin sous fond de réforme constitutionnelle

Cette élection intervient quelques mois après une révision constitutionnelle adoptée en novembre 2025, qui modifie la durée du mandat présidentiel, désormais fixée à sept ans, renouvelable une seule fois.

Le futur président pourrait ainsi rester en fonction jusqu’en 2033. En cas d’absence de majorité absolue au premier tour, un second tour est prévu le 10 mai 2026.

Le président sortant Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, ne se représente pas, la Constitution lui interdisant de briguer un troisième mandat.

About The Author

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *