Afrique du Sud : l’ANC en crise, Cyril Ramaphosa de nouveau menacé de destitution après l’affaire Phala Phala
Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa de nouveau fragilisé après la relance de la procédure de destitution liée au scandale Phala Phala. L’ANC convoque une réunion d’urgence.

Une réunion d’urgence convoquée au sommet du parti au pouvoir
Le African National Congress (ANC) a convoqué une réunion d’urgence de son Comité exécutif national, alors que le président Cyril Ramaphosa se retrouve une nouvelle fois sous la menace d’une procédure de destitution.
Cette rencontre, organisée au Le Cap par le secrétaire général de l’ANC, Fikile Mbalula, intervient après une décision retentissante de la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud.
La justice relance le dossier Phala Phala
La plus haute juridiction sud-africaine a annulé la décision prise par le Parlement en 2022 qui avait suspendu la procédure de destitution visant Cyril Ramaphosa.
Au cœur de cette tempête politique : le scandale Affaire Phala Phala, du nom de la ferme privée du président, où d’importantes sommes d’argent en liquide avaient été découvertes après un cambriolage.
Les juges estiment que le Parlement avait agi illégalement en empêchant la poursuite du rapport rédigé par un groupe d’experts indépendants, qui recommandait un examen plus poussé dans le cadre de l’article 89 de la Constitution.
Une commission d’enquête parlementaire en préparation
Suite à cette décision, l’Assemblée nationale a annoncé la mise en place prochaine d’une commission spéciale chargée d’examiner s’il existe des motifs suffisants pour engager formellement la destitution du chef de l’État.
La présidente du Parlement, Thoko Didiza, doit désormais enclencher les procédures nécessaires.
Cette commission recevra officiellement le rapport du groupe d’experts indépendants, lequel pourrait raviver fortement les accusations contre le président.
L’opposition jubile, l’ANC sous pression
Les partis d’opposition ont salué la décision de la Cour constitutionnelle, y voyant une victoire pour la transparence, la reddition des comptes et l’indépendance des institutions.
Pour de nombreux observateurs, ce jugement marque aussi un revers politique majeur pour l’ANC, accusé d’avoir utilisé sa majorité parlementaire pour protéger Cyril Ramaphosa.
Un avenir politique fragilisé
Déjà confronté à une économie en difficulté, au chômage massif et aux critiques internes, Cyril Ramaphosa voit son avenir politique s’assombrir.
La réunion d’urgence de l’ANC pourrait donc être décisive : soutien renouvelé ou début d’un abandon progressif du président par son propre camp.
L’affaire Phala Phala, que beaucoup pensaient enterrée, revient aujourd’hui au centre du pouvoir sud-africain.
