Cédéao : Bassirou Diomaye Faye et Birame Diop affichent leurs priorités pour relancer l’intégration régionale
Le Sénégal se retrouve au cœur de la nouvelle gouvernance de la Cédéao. Bassirou Diomaye Faye et le général Birame Diop ont échangé sur les grands dossiers qui devraient guider l’organisation régionale pour les prochaines années : lancement de l’ECO, libre circulation, lutte contre le terrorisme et surtout relations avec les pays de l’AES.
Alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté la Cédéao pour renforcer leur propre dynamique au sein de l’Alliance des États du Sahel, le nouveau leadership sénégalais devra relever un défi majeur : préserver l’intégration ouest-africaine tout en ouvrant une nouvelle page dans les relations avec l’AES.

À Dakar, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et le général Birame Diop, appelé à prendre les commandes de la Commission de la Cédéao, ont accordé leurs violons sur les principaux dossiers qui devraient marquer les prochaines années de l’organisation régionale. Monnaie commune, libre circulation, lutte contre le terrorisme et dialogue avec l’AES figurent parmi les priorités.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a reçu jeudi au Palais de la République le général Birame Diop, qui doit prendre ses fonctions à la tête de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) le 1er septembre prochain.
Cette rencontre intervient à un moment stratégique pour l’organisation régionale, confrontée à de profondes transformations depuis le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger, désormais réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
Le Sénégal au cœur de la nouvelle gouvernance de la Cédéao
Le Sénégal occupe désormais une position centrale dans la gouvernance de la Cédéao. Bassirou Diomaye Faye assure la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tandis que le général Birame Diop doit diriger la Commission de l’organisation pour la période 2026-2030.
Les deux responsables ont ainsi échangé sur les priorités du mandat sénégalais et sur les principaux chantiers communautaires.
Le général Birame Diop a notamment exprimé sa reconnaissance au président sénégalais ainsi qu’aux chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao pour la confiance accordée à sa candidature.
L’ECO et la libre circulation au cœur des discussions
Parmi les dossiers prioritaires figure le projet de monnaie commune ouest-africaine, l’ECO. Sa mise en œuvre demeure l’un des grands objectifs d’intégration économique de la Cédéao.
Les discussions ont également porté sur l’amélioration du financement de l’organisation à travers le versement des prélèvements communautaires, ainsi que sur la facilitation de la circulation des personnes et des marchandises dans l’espace régional.
Ces questions économiques prennent une importance particulière alors que la Cédéao cherche à renforcer son intégration et à restaurer la confiance entre ses États membres.
La lutte contre le terrorisme, un autre chantier majeur
Sur le plan sécuritaire, l’opérationnalisation de la brigade de lutte contre le terrorisme constitue l’un des dossiers majeurs évoqués lors de la rencontre.
La Cédéao souhaite renforcer ses capacités collectives face à la progression des groupes armés et aux défis sécuritaires qui continuent de fragiliser plusieurs pays de la région.
La question sécuritaire pourrait ainsi devenir l’un des principaux tests du nouveau leadership sénégalais, dans un contexte où les approches divergent fortement entre la Cédéao et les pays de l’AES.
Le dialogue avec l’AES, un enjeu incontournable
Au-delà de l’économie et de la sécurité, le rétablissement d’un dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger constitue un autre défi majeur pour la nouvelle direction de la Cédéao.
Les trois pays sahéliens ont officiellement quitté l’organisation régionale et poursuivent désormais leur propre dynamique d’intégration au sein de l’AES.
Pour Dakar, la question sera donc de savoir comment maintenir des relations fonctionnelles avec ces pays tout en préservant la cohésion des États membres de la Cédéao.
Le général Birame Diop devra ainsi composer avec une nouvelle réalité régionale dans laquelle l’ancien cadre communautaire ouest-africain est désormais profondément reconfiguré.
La Guinée-Bissau également au programme
La situation en Guinée-Bissau a également été abordée lors de l’entretien. Le Sénégal ayant été désigné comme facilitateur dans cette crise, le général Birame Diop a souligné l’importance des échanges avec le président Faye afin de permettre à la Commission d’accompagner Dakar de manière pragmatique et efficace.
Cette coordination entre la présidence en exercice et la Commission sera déterminante pour permettre à l’organisation de répondre rapidement aux prochaines crises politiques et sécuritaires de la région.
Une nouvelle séquence pour la Cédéao
La rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Birame Diop marque donc le début d’une nouvelle séquence pour la Cédéao.
À Dakar, les deux responsables devront porter une organisation confrontée à plusieurs défis simultanés : relancer l’intégration économique, concrétiser le projet de l’ECO, renforcer la coopération sécuritaire, faciliter la libre circulation et surtout redéfinir les relations avec les pays de l’AES.
Pour le Sénégal, l’enjeu dépasse ainsi la simple gestion institutionnelle de la Cédéao. Il s’agit de contribuer à redessiner les contours d’une coopération ouest-africaine profondément bouleversée par les crises politiques, sécuritaires et géopolitiques de ces dernières années.
