Accords migratoires controversés : l’administration Trump approche Madagascar pour accueillir des migrants expulsés

Après plusieurs pays d’Afrique continentale, Madagascar aurait été approchée par des émissaires américains dans le cadre d’accords migratoires controversés. L’administration Trump chercherait à externaliser l’accueil de migrants expulsés des États-Unis vers des pays tiers africains, moyennant compensation financière.

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Une nouvelle phase de la politique migratoire de Trump

L’administration de Donald Trump franchit une nouvelle étape dans sa politique migratoire jugée parmi les plus restrictives de l’histoire récente des États-Unis. Après la suppression de plusieurs programmes de protection des migrants, l’intensification des arrestations par la police fédérale de l’immigration et des expulsions massives, Washington élargit désormais sa stratégie de refoulement vers des pays tiers, notamment en Afrique.

Cette politique consiste à expulser des migrants vers des États dont ils ne sont pas ressortissants, transformant certains pays africains en zones de relégation pour des personnes rejetées du territoire américain.

Madagascar ciblée après l’Afrique continentale

Selon des informations concordantes du quotidien L’Express de Madagascar et du site spécialisé Africa Intelligence, les autorités malgaches auraient été récemment sollicitées par des représentants américains. Le lundi 6 janvier, un trio d’émissaires venus des États-Unis aurait rencontré des responsables institutionnels de la Grande Île.

D’après Africa Intelligence, les discussions ont notamment eu lieu à l’Assemblée nationale, à Tsimbazaza, où les émissaires se seraient longuement entretenus avec Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale de Madagascar.

Une logique de « remigration » dénoncée

Cette stratégie s’inscrit dans ce que certains qualifient de politique de « remigration », un concept popularisé par des mouvances d’extrême droite à travers le monde. Elle repose sur l’externalisation de la gestion migratoire, en échange d’accords financiers conclus de manière souvent discrète avec des États aux ressources limitées.

Des centaines de migrants auraient déjà été envoyés dans des pays africains dans le cadre de dispositifs similaires, suscitant de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des accords opaques et un mépris du droit international.

Des accords sous haute sensibilité politique

À Madagascar comme ailleurs, ces discussions soulèvent de nombreuses interrogations sur la souveraineté nationale, la capacité d’accueil réelle du pays et les conséquences sociales et sécuritaires d’un tel dispositif. À ce stade, aucune communication officielle n’a confirmé ou infirmé l’existence d’un accord formel entre Antananarivo et Washington.

Alors que la politique migratoire américaine continue de durcir ses mécanismes, l’Afrique apparaît de plus en plus comme un terrain d’externalisation des enjeux migratoires des puissances occidentales, au prix de compromis diplomatiques lourds de conséquences.

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