Assassinat de Patrice Lumumba : une audience historique à Bruxelles contre un ancien diplomate belge
Audience judiciaire à Bruxelles sur l’assassinat de Patrice Lumumba : la justice belge examine le renvoi devant le tribunal correctionnel de l’ancien diplomate Étienne Davignon, dernier survivant des personnes visées par la plainte de la famille Lumumba. Une étape cruciale dans la reconnaissance et la réparation d’un crime colonial, plus de soixante ans après l’exécution du premier Premier ministre du Congo indépendant.

Une nouvelle étape judiciaire majeure a été franchie en Belgique dans le dossier de l’assassinat de Patrice Lumumba, figure emblématique de l’indépendance congolaise.
Le 20 janvier, le conseil du tribunal de première instance de Bruxelles a examiné la demande de renvoi devant le tribunal correctionnel de l’ancien diplomate belge Étienne Davignon, aujourd’hui âgé de 93 ans.
Il est le dernier survivant parmi les personnalités visées par la plainte déposée en 2011 par la famille Lumumba, qui réclame justice pour l’un des crimes politiques les plus marquants de l’histoire coloniale africaine.
Une audience à huis clos, mais un enjeu historique
L’audience, tenue à huis clos, intervient dans un contexte hautement symbolique, quelques jours seulement après la date anniversaire de l’assassinat de Patrice Lumumba, le 17 janvier 1961.
En juin 2025, le parquet fédéral belge a requis le renvoi de M. Davignon pour :
- détention et transfert illicites de Patrice Lumumba,
- traitements inhumains et dégradants,
dans le cadre de son arrestation, de son transfert vers le Katanga sécessionniste, puis de son exécution.
« Un pas important vers la réparation d’un crime colonial »
Pour Me Christophe Marchand, avocat de la famille Lumumba, cette audience constitue une étape décisive :
« C’est un moment crucial et un pas important vers la réparation d’un crime colonial. »
La décision sur un éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel est attendue le 17 mars 2026.
Rappel des faits : un assassinat au cœur de la guerre froide
Premier Premier ministre du Congo indépendant, proclamé le 30 juin 1960, Patrice Lumumba fut rapidement confronté à de fortes ingérences étrangères, dans un contexte de guerre froide et de luttes d’influence économiques et géopolitiques.
Renversé en septembre 1960, il est arrêté, transféré au Katanga sécessionniste, puis exécuté le 17 janvier 1961, aux côtés de Joseph Okito et Maurice Mpolo, avec l’appui actif de responsables belges.
Pour effacer les traces du crime, leurs corps furent dissous dans l’acide, un acte qui symbolise encore aujourd’hui la brutalité du système colonial et de ses héritages.
