Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest : depuis Accra, Nassénéba Touré appelle à une gouvernance plus inclusive

Accra, Ghana – La question de la représentation des femmes et des jeunes au sein des instances décisionnelles ouest-africaines s’impose de plus en plus comme un enjeu stratégique pour l’avenir démocratique de la région. Réunie dans la capitale ghanéenne, la consultation régionale organisée les 19 et 20 février 2026 sous l’égide de la CEDEAO a été l’occasion pour la Côte d’Ivoire de faire entendre une voix claire : celle d’une gouvernance plus paritaire et plus inclusive.
Une consultation stratégique à Accra
Organisée à Accra, cette rencontre régionale consacrée à la participation politique et au leadership des femmes et des jeunes en Afrique de l’Ouest a rassemblé ministres, experts, acteurs de la société civile et représentants institutionnels. L’objectif : dresser un état des lieux des avancées et identifier des mécanismes concrets pour renforcer la présence des femmes et des jeunes dans les sphères de décision.
C’est dans ce contexte que la ministre ivoirienne de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, a porté un plaidoyer fort en faveur d’une réforme accélérée des cadres législatifs et institutionnels au sein de l’espace communautaire.
« Faire de la parité une réalité »
Dans son intervention, Nassénéba Touré a insisté sur la nécessité de dépasser les engagements de principe pour passer à l’action. Selon elle, la parité ne doit plus être considérée comme un objectif symbolique, mais comme un impératif démocratique et un levier de développement durable.
La ministre a également mis en avant l’importance de quotas effectifs, de mécanismes de suivi rigoureux et d’un accompagnement renforcé des femmes et des jeunes leaders, notamment à travers la formation, le mentorat et le financement des initiatives politiques.
Femmes et jeunes : un potentiel sous-exploité
En Afrique de l’Ouest, malgré des progrès notables dans certains pays, la sous-représentation des femmes et des jeunes dans les parlements, les gouvernements et les institutions régionales demeure une réalité. Pour Nassénéba Touré, cette situation freine non seulement l’inclusion sociale, mais aussi l’efficacité des politiques publiques.
Elle a rappelé que les femmes et les jeunes constituent la majorité démographique dans plusieurs États membres de la CEDEAO. Les exclure des centres de décision revient, selon elle, à se priver d’un vivier d’idées, d’innovations et de solutions adaptées aux réalités locales.
Vers une CEDEAO plus représentative
Au-delà des États pris individuellement, la ministre ivoirienne a plaidé pour que la CEDEAO elle-même montre l’exemple. Cela implique, selon elle, une meilleure représentation des femmes et des jeunes dans les organes communautaires, les commissions spécialisées et les missions d’observation électorale.
Elle a également appelé à la mise en place d’indicateurs régionaux clairs permettant d’évaluer les progrès accomplis en matière de parité et d’inclusion. L’enjeu est de faire de la CEDEAO un modèle de gouvernance participative sur le continent africain.
Un signal politique fort
La prise de parole de Nassénéba Touré à Accra intervient dans un contexte régional marqué par des défis démocratiques et sécuritaires majeurs. Dans ce climat, la promotion d’une gouvernance inclusive apparaît comme un facteur de stabilité et de cohésion sociale.
En plaidant pour une CEDEAO plus paritaire, la Côte d’Ivoire envoie un signal politique fort : celui d’un engagement en faveur d’institutions plus représentatives, capables de répondre aux aspirations des populations, en particulier des femmes et des jeunes.
La consultation d’Accra pourrait ainsi marquer une étape décisive vers une transformation en profondeur des pratiques politiques en Afrique de l’Ouest. Reste désormais à traduire ces engagements en réformes concrètes et mesurables.
Source : AIP
