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Côte d’Ivoire : la rébellion de 2002, un projet international de prédation orchestré depuis l’ombre

Entre 2002 et 2010, la Côte d’Ivoire a été secouée par une rébellion armée qui a divisé le pays et plongé des millions d’Ivoiriens dans la souffrance. Derrière ce conflit, présenté comme une crise interne, se cachait en réalité une vaste entreprise internationale de prédation. De Blaise Compaoré à la France, en passant par des multinationales du cacao, de lourdes responsabilités émergent et posent encore aujourd’hui la question de la vérité et de la justice pour les victimes.

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Une guerre qui n’a jamais livré tous ses secrets

Entre 2002 et 2010, la Côte d’Ivoire a traversé l’une des pages les plus sombres de son histoire contemporaine : une rébellion armée qui a divisé le pays, endeuillé des milliers de familles et laissé des plaies encore ouvertes. Annoncée par ses initiateurs comme un soulèvement interne, cette rébellion n’était en réalité, selon plusieurs témoignages, qu’un projet minutieusement planifié, financé et soutenu par des forces extérieures.

Une promesse de vérité jamais tenue

L’actuel président ADO avait promis de mettre en place une commission d’enquête sur la rébellion afin de déterminer ses origines, ses financiers et ses commanditaires. Mais jusqu’à ce jour, aucune enquête nationale approfondie n’a vu le jour, laissant un vide et un profond sentiment d’injustice chez de nombreux Ivoiriens.

D’août 2002 à avril 2011 : un coup d’État déguisé en rébellion

Tout commence en septembre 2002 par une tentative de coup d’État qui se transforme rapidement en guerre civile. Le nord du pays est occupé par les rebelles pendant huit années. Mais une question demeure : comment ces combattants se sont-ils armés, nourris et financés durant toute cette période ?

Des acteurs bien identifiés

Selon Ahoua Don Mello, ancien pilier de l’administration Gbagbo, la rébellion n’était pas une initiative spontanée mais bien une entreprise internationale de prédation. Les révélations pointent :

  • Alassane Ouattara, accusé d’être le parrain politique de l’opération ;
  • Blaise Compaoré, président du Burkina Faso de l’époque, qui aurait offert son territoire pour l’entraînement et la logistique des rebelles ;
  • La France, accusée d’avoir joué un rôle pivot dans le financement et l’acheminement des armes ;
  • Des multinationales du cacao, notamment franco-américaines, qui auraient financé la guerre à hauteur de 30 milliards de FCFA, avant de spéculer sur les prix du cacao pendant le conflit.

Quand le cacao devient une arme de guerre

La Côte d’Ivoire étant le premier producteur mondial de cacao, la rébellion a eu un impact direct sur ce marché. Un opérateur économique, proche des intérêts français et américains, aurait constitué un stock de 200 000 tonnes de cacao aux États-Unis avant l’attaque. La guerre ayant provoqué une pénurie mondiale, la flambée des prix a permis aux financiers de la rébellion de se rembourser sur le dos du sang ivoirien.

Blaise Compaoré, relais de la Françafrique

Le rôle de Blaise Compaoré ne surprend guère. Déjà impliqué dans l’assassinat de Thomas Sankara en 1987 et dans plusieurs crises régionales, l’ancien président burkinabè a toujours été considéré comme l’un des relais privilégiés de la Françafrique. Son territoire a servi de couloir pour l’acheminement des armes vers les rebelles ivoiriens, via les accords de coopération militaire signés avec Paris.

La France et ses « intérêts supérieurs »

Le rapport Védrine avait affirmé que « l’Afrique est l’avenir de la France ». Mais pour les panafricanistes, l’Afrique ne peut plus être le prolongement des ambitions françaises. L’histoire de la rébellion ivoirienne démontre une fois encore que la France n’a jamais cessé de considérer le continent comme une chasse gardée, mobilisant ses alliés locaux pour préserver ses intérêts stratégiques et économiques.

Une leçon pour l’Afrique

La rébellion ivoirienne n’a pas été une simple crise interne. Elle a révélé la fragilité des États africains face aux ingérences extérieures, et l’importance de bâtir une véritable souveraineté politique, économique et militaire. Tant que des élites locales continueront de servir de relais aux puissances étrangères, la stabilité du continent restera menacée.

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