Guinée : décès en détention de Claude Pivi, condamné à perpétuité pour crimes contre l’humanité

Claude Pivi, alias « Coplan », ancien ministre chargé de la sécurité présidentielle sous le régime de Moussa Dadis Camara, est décédé ce mardi 6 janvier 2026 à Conakry à l’âge de 66 ans. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité liés au massacre du 28 septembre 2009, il est mort après deux jours de soins intensifs à l’hôpital militaire du camp Almamy Samory Touré, selon le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry.

Guinée décès en détention de Claude Pivi, condamné à perpétuité pour crimes contre l’humanité

Décès confirmé par la justice guinéenne

Dans un communiqué officiel publié ce mardi, le Parquet général a annoncé le décès de Claude Pivi des suites d’un coma hypoglycémique. L’ancien officier, détenu à la prison civile de Coyah depuis septembre 2024, avait été admis en urgence à l’hôpital militaire le 4 janvier 2026 après une dégradation brutale de son état de santé.

Les autorités judiciaires précisent que le détenu souffrait de plusieurs pathologies chroniques, notamment le diabète, l’hypertension artérielle et la goutte, pour lesquelles il bénéficiait d’un suivi médical régulier en milieu carcéral.

Une non-observance du traitement en cause

Selon les premières informations communiquées par le Parquet, la non-observance de son traitement médical aurait provoqué une hypoglycémie sévère ayant entraîné un coma. Malgré deux jours de soins intensifs, Claude Pivi est décédé ce mardi 6 janvier 2026.

Afin d’établir avec précision les circonstances du décès, une autopsie médico-légale a été ordonnée. Les résultats feront l’objet d’une communication ultérieure, ont indiqué les autorités judiciaires.

De N’Zérékoré au sommet de l’appareil sécuritaire

Né en 1960 à N’Zérékoré, Claude Pivi s’était d’abord illustré dans le sport, notamment le karaté, discipline dans laquelle il avait représenté la Guinée lors de compétitions africaines dans les années 1980. Intégré à l’armée guinéenne en 1985, il y enseignait également les arts martiaux.

Sous la présidence de Lansana Conté, il servait comme sergent-chef au sein du bataillon autonome des troupes aéroportées. Il gagne en notoriété en mai 2008 en devenant l’un des porte-paroles des soldats lors d’une mutinerie.

Un rôle central sous le CNDD

Après le coup d’État du 23 décembre 2008, Claude Pivi est nommé ministre dans le gouvernement de transition dirigé par Kabiné Komara, avant d’être promu capitaine en avril 2009. Membre influent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), il est rapidement cité comme l’un des principaux responsables des violences politiques ayant culminé lors du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry.

Ces événements avaient fait au moins 156 morts et des centaines de blessés, selon les Nations unies, et marqué durablement l’histoire politique de la Guinée.

Condamnation, évasion et extradition

Inculpé dès juin 2013, Claude Pivi a été jugé dans le cadre du procès historique sur les massacres du 28 septembre. Le 31 juillet 2024, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 25 ans, pour crimes contre l’humanité.

En novembre 2023, son évasion spectaculaire de la maison centrale de Conakry, menée par un commando armé, avait provoqué une vive émotion nationale et internationale. Après plusieurs mois de cavale, il est arrêté en septembre 2024 au Libéria, puis extradé vers la Guinée.

Sanctions internationales et fin de parcours judiciaire

À la suite du massacre de 2009, Claude Pivi faisait également l’objet de sanctions internationales, incluant une interdiction de séjour dans l’Union européenne, un gel de ses avoirs et des restrictions de déplacement décidées par l’Union africaine.

Le Parquet général a présenté ses condoléances à la famille du défunt ainsi qu’au peuple de Guinée, tout en réaffirmant l’engagement des autorités à faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès en détention.

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