Mali : l’interdiction de Jeune Afrique relance le débat sur l’origine et la ligne éditoriale du média

Bamako, 16 janvier 2026 – L’interdiction de la circulation, de la distribution et de la vente du journal Jeune Afrique au Mali, décidée par les autorités maliennes, remet au centre du débat la question de l’origine du média et de sa ligne éditoriale, régulièrement critiquée par plusieurs États africains.

Mali l’interdiction de Jeune Afrique relance le débat sur l’origine et la ligne éditoriale du média

Fondé en 1960 à Paris par le journaliste franco-tunisien Béchir Ben Yahmed, Jeune Afrique est historiquement un média conçu et développé en France. Bien qu’il se présente comme un hebdomadaire panafricain, son siège, sa structuration économique et une grande partie de son influence médiatique se sont longtemps inscrits dans l’espace médiatique français.

Depuis plusieurs années, le journal fait l’objet de critiques persistantes de la part de dirigeants, d’analystes et d’opinions publiques africaines, qui l’accusent de défendre, de manière implicite ou explicite, les intérêts stratégiques et diplomatiques de la France sur le continent. Ces critiques portent notamment sur le traitement de sujets liés à la souveraineté, aux transitions politiques, aux questions sécuritaires et aux relations entre les États africains et les puissances occidentales.

Au Mali, les autorités estiment que certaines publications du journal s’inscrivent dans une logique de désinformation et de déstabilisation, notamment en lien avec la situation sécuritaire et l’approvisionnement en hydrocarbures. Le gouvernement malien reproche également au média un manque d’objectivité et d’équilibre, ainsi qu’une ligne éditoriale jugée hostile aux choix politiques actuels du pays.

Pour ses détracteurs, Jeune Afrique incarne une forme de continuité de l’influence médiatique française en Afrique, souvent associée au concept de « Françafrique ». À l’inverse, le journal revendique régulièrement son indépendance éditoriale et son rôle d’observateur critique des réalités politiques africaines.

L’interdiction décidée par les autorités maliennes s’inscrit dans un contexte plus large de remise en cause de certains médias internationaux par les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui dénoncent ce qu’ils perçoivent comme des narratifs biaisés, contraires à leurs intérêts nationaux et à leur souveraineté.

La décision malienne précise que toute infraction à l’interdiction de circulation, de distribution ou de vente du journal Jeune Afrique sur le territoire national exposera les contrevenants aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

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