NIGERIA — Massacre de Woro : au moins 162 morts et déploiement de l’armée après une attaque qualifiée de « lâche et bestiale »

Abuja, Nigéria — Une attaque armée d’une violence extrême a frappé mardi 3 février 2026 le village de Woro, dans l’État de Kwara (centre-ouest du Nigeria), faisant au moins 162 morts, selon la Croix-Rouge nigériane et des autorités locales. Cette attaque figure parmi les plus meurtrières enregistrées dans le pays ces derniers mois et met en lumière l’aggravation de la crise sécuritaire nigériane.

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Une attaque dévastatrice et un bilan tragique

Selon les équipes de la Croix-Rouge, qui continuent de rechercher d’éventuels corps supplémentaires, 162 personnes ont été tuées lors de ce raid nocturne. La police et des responsables politiques ont confirmé l’attaque, qui a ciblé des civils sans défense, dont des femmes et des enfants.

Des témoins ont décrit des scènes d’« exécution sommaire » des habitants, des incendies de maisons, de commerces et du palais royal du village. De nombreux résidents ont fui vers les zones boisées avoisinantes, certains grièvement blessés.

Des sources parlementaires évoquent aussi une attaque coordonnée contre un autre village voisin, Nuku, dans la même zone, ce qui élargit l’impact du raid armé.

Des groupes armés islamistes en cause

Bien qu’aucune revendication n’ait été officiellement faite, plusieurs rapports et responsables locaux estiment que des combattants liés à des groupes jihadistes, notamment des factions proches de Boko Haram ou affiliées à l’État islamique (telles que Lakurawa), sont à l’origine des violences.

Des habitants ont indiqué que les assaillants avaient préalablement prêché dans la communauté, exigeant que les villageois adoptent la loi islamique stricte (charia), ce que ces derniers ont refusé. Cette opposition aurait déclenché l’assaut fatal.

Réponse du gouvernement et déploiement des forces

Face à l’indignation croissante, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a ordonné le déploiement immédiat d’un bataillon de l’armée vers la zone touchée, en particulier dans la circonscription de Kaiama Local Government Area, afin de contenir les groupes responsables de l’attaque et sécuriser les populations vulnérables.

La présidence a qualifié l’assaut de « lâche et bestial » dans un communiqué et a promis que des mesures seraient prises pour neutraliser les responsables et protéger les civils. Les autorités ont également annoncé le lancement d’opérations offensives supplémentaires pour traquer les cellules armées dans cette partie du pays.

Le gouverneur de l’État de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, a décrit cette attaque comme un acte de frustration des groupes terroristes face aux récentes opérations sécuritaires menées par l’armée dans la région.

Contexte : une insécurité persistante

Cette tragédie s’inscrit dans un contexte de crise sécuritaire chronique au Nigeria, où plusieurs phénomènes violent coexistent :

  • une insurrection jihadiste prolongée dans le nord-est depuis plus d’une décennie ;
  • la montée des bandits armés et enlèvements pour rançon dans le nord-ouest et centre-nord ;
  • une extension récente des attaques vers des zones auparavant moins touchées, comme l’État de Kwara.

Les forces de sécurité nigérianes, avec l’appui logistique et opérationnel de partenaires internationaux, notamment des États-Unis, ont intensifié leurs efforts pour contenir ces groupes, mais plusieurs défis demeurent sur le terrain.


Faits marquants

  • 📌 Lieu : Village de Woro, État de Kwara, centre-ouest du Nigeria.
  • 🔥 Bilan : Au moins 162 morts confirmés, bilan encore susceptible d’évoluer.
  • 🚨 Responsables présumés : Groupes jihadistes, possiblement liés à Boko Haram ou affiliés à l’État islamique.
  • 🪖 Réponse : Déploiement d’un bataillon de l’armée ordonné par le président Tinubu.

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