Procès des magistrats au Burkina : la défense obtient un report pour examiner toutes les pièces produites
Koupéla, 9 février 2026 – Le procès des magistrats et autres prévenus a connu ce lundi une étape cruciale avec la mise à disposition de toutes les pièces demandées par le tribunal. La défense, appuyée par le REN-LAC, a obtenu le report des débats au mercredi 11 février pour pouvoir les examiner sereinement.

Ce lundi 9 février 2026, toutes les pièces sollicitées dans le cadre du procès des magistrats et autres prévenus ont été remises au tribunal de Koupéla. À l’ouverture de l’audience, les avocats de la défense, soutenus par le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), ont immédiatement demandé un renvoi des débats au mercredi 11 février à 9 heures, invoquant la nécessité d’étudier ces documents en profondeur.
Selon Me Paul Kéré, la défense, pour respecter le principe du contradictoire, doit pouvoir examiner et discuter les pièces produites afin de distinguer « ce qui est vrai, ce qui est faux et ce qui doit être retenu » dans le procès. Ce report permettra ainsi aux conseils de se préparer pour les prochaines étapes des débats.
Cette demande de report a toutefois été contestée par le ministère public. Pour le procureur du Faso, Ahandi Ouoba, toutes les pièces avaient été disponibles dès le samedi 7 février 2026, et les avocats avaient été invités à les consulter ou à les retirer auprès du secrétariat du parquet. Il a exprimé sa surprise face aux affirmations de la défense, qui indiquait n’avoir pris connaissance des documents qu’au début de l’audience.
Les débats reprendront donc le mercredi 11 février 2026 à Koupéla. Ils porteront d’abord sur l’examen des pièces produites, avant de se poursuivre avec les plaidoiries des différentes parties, incluant celles de l’État burkinabè, du REN-LAC, les réquisitions du ministère public, ainsi que les plaidoiries des avocats de la défense.
Pour rappel, les audiences avaient été suspendues le vendredi 6 février 2026 afin de permettre au ministère public de produire des documents jugés essentiels à la manifestation de la vérité. Ces pièces concernent notamment l’état financier d’un prévenu, le registre des courriers arrivés et les téléphones portables de certains prévenus.
Le procès, qui continue de susciter l’attention nationale, met en lumière les enjeux de transparence et de lutte contre la corruption au Burkina Faso, tout en testant la capacité du système judiciaire à garantir les droits des prévenus dans des affaires sensibles.
