Sécurité au Sahel : le Togo alerte sur les risques d’une fragmentation régionale

Face aux tensions entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et les États sahéliens, Lomé appelle à préserver une sécurité régionale “indivisible” pour éviter une déstabilisation de toute l’Afrique de l’Ouest.

Sécurité au Sahel le Togo alerte sur les risques d’une fragmentation régionale

Un avertissement clair de Lomé sur l’avenir sécuritaire régional

Le Togo hausse le ton. Dans un contexte marqué par des recompositions géopolitiques majeures en Afrique de l’Ouest, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a lancé un appel solennel à la préservation de la stabilité de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Dans une déclaration rendue publique, le chef de la diplomatie togolaise a mis en garde contre les conséquences d’un affaiblissement de ce bloc sahélien. Selon lui, la sécurité régionale ne saurait être fragmentée sans exposer l’ensemble de la sous-région à des risques accrus.

« Si l’AES vacille aujourd’hui, c’est toute la région qui sera menacée », a-t-il affirmé, insistant sur l’interdépendance des dynamiques sécuritaires en Afrique de l’Ouest.


Une intensification des efforts diplomatiques en Afrique de l’Ouest

Cette prise de position intervient alors que les initiatives diplomatiques se multiplient pour maintenir un dialogue actif entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine et les pays du Sahel.

Dans cette dynamique, Mamadou Tangara, Représentant spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, a récemment intensifié ses consultations avec plusieurs dirigeants ouest-africains.

Le 10 mars, il a été reçu à Freetown par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, également président en exercice de la Conférence des chefs d’État de la Cédéao. À l’issue de cette rencontre, ce dernier a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue constructif sur les enjeux sécuritaires.

Quelques jours auparavant, à Abuja, Mamadou Tangara s’était entretenu avec Omar Alieu Touray afin de renforcer la coordination entre les institutions africaines face aux défis communs.


Le Sahel au cœur des préoccupations sécuritaires

Les démarches diplomatiques en cours s’inscrivent dans un contexte particulièrement sensible, marqué par le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cédéao en janvier 2025. Ces trois pays ont depuis formé la Confédération des États du Sahel, redéfinissant ainsi les équilibres régionaux.

Malgré cette rupture institutionnelle, certaines formes de coopération subsistent. Les États sahéliens continuent notamment de collaborer au sein du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) et de la Banque d’investissement et de développement de la Cédéao (BIDC), où ils disposent désormais d’un statut particulier.

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