Uranium du Niger : Nathalie Yamb révèle le système qui a pillé l’Afrique pendant 60 ans
Découvrez pourquoi le Niger a décidé de reprendre le contrôle total de son uranium face à Orano et au CIRDI, et comment cette bataille symbolise le réveil souverain de l’Afrique et de l’AES. Analyse complète, chiffres clés et enjeux géopolitiques.

Le réveil d’une puissance longtemps pillée
Depuis plus de soixante ans, l’uranium du Niger éclaire les capitales européennes, alimente l’industrie nucléaire mondiale et enrichit des multinationales étrangères. Pendant ce temps, à Imouraren, à Arlit et dans les régions minières, les populations restent dans la pauvreté, confrontées à la pollution, à la maladie et à l’abandon.
Mais un tournant historique vient de s’opérer : le Niger a décidé de reprendre la main sur son uranium, malgré les pressions du CIRDI, bras juridique de la Banque mondiale, souvent utilisé pour défendre les multinationales contre les États africains.
Dans cette bataille, une voix se fait entendre : celle de Nathalie Yamb, qui démonte le système d’arbitrage international et les logiques néocoloniales qui maintiennent l’Afrique dans la dépendance.
L’affaire Orano : quand le CIRDI tente de bloquer la souveraineté du Niger
Orano contre le Niger : deux arbitrages pour maintenir l’ordre ancien
En 2024 et 2025, la multinationale française Orano a saisi le CIRDI pour contester :
- le retrait du permis d’exploitation d’Imouraren (juin 2024)
- la nationalisation de la Somaï (juin 2025)
Le CIRDI, basé à Washington, a même ordonné au Niger de suspendre la vente de 1 000 tonnes d’uranium appartenant à l’État.
Un geste qui illustre la logique :
protéger le capital étranger contre la souveraineté des États africains.
La réponse du Niger : « Cette richesse est la nôtre »
En tournée nationale, le président nigérien Abdrahmane Tiani a lancé, depuis Arlit, des mots qui marqueront l’histoire :
« Nous avons repris notre uranium. Cette richesse est la nôtre. Nous ne demanderons l’autorisation de personne pour la vendre. »
Une déclaration claire, ferme, souveraine.
Un message adressé à Orano, au CIRDI, et à tout le système néocolonial.
Pourquoi le CIRDI est un piège pour les États africains
1. Un système conçu pour les multinationales, pas pour les peuples
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 75 % des décisions du CIRDI sont contre les États africains
- Seulement 2 % des arbitres sont africains
- L’Europe et l’Amérique du Nord contrôlent 65 % des nominations d’arbitres
- Les États ne peuvent pas saisir le CIRDI : seules les multinationales le peuvent
Résultat :
un système déséquilibré, unilatéral et profondément injuste.
2. Un mécanisme né à Bretton Woods pour perpétuer la domination
Le CIRDI, la Banque mondiale et le FMI fonctionnent ensemble pour :
- imposer des réformes destructrices (PAS)
- ouvrir les marchés africains
- privatiser les services publics
- protéger les entreprises occidentales
- sanctionner les pays qui défendent leurs populations et leur environnement
Le tout sous couvert de “neutralité”.
Les ravages de 50 ans d’exploitation : pollution, maladies, pauvreté
L’héritage de l’exploitation étrangère est lourd :
- 20 millions de tonnes de déchets radioactifs laissés à ciel ouvert
- nappes phréatiques contaminées
- augmentation des cancers
- malformations à la naissance
- poussière radioactive dans tout le bassin d’Arlit
- villages déplacés, terres détruites, puits inutilisables
Pendant que l’électricité coulait vers Paris, Niamey restait dans l’obscurité.
Cinq solutions pour sortir du piège et reprendre le contrôle
Nathalie Yamb identifie cinq actions concrètes pour rompre avec le système :
1. Résilier les traités et accords qui imposent l’arbitrage occidental
Sortir du CIRDI, de la CPA, de la CCI, de la LCIA.
2. Imposer la compétence des tribunaux nationaux et régionaux
Le Nigeria l’a fait : refuser tout arbitrage contraire à sa Constitution.
3. Auditer et renégocier tous les contrats miniers
Documenter les abus, pollution et violations contractuelles.
4. Contre-attaquer pour obtenir réparation
Réclamer des indemnités pour les dommages environnementaux et sanitaires.
5. Construire un système africain d’arbitrage réellement indépendant
Dans l’AES ou via des institutions neutres (Singapour, Hong Kong, Dubaï).
L’heure de l’Afrique : transformer l’uranium en souveraineté
Le Niger veut désormais :
- extraire son uranium dans de meilleures conditions
- le vendre au prix réel du marché
- financer un développement industriel
- poser les bases d’un avenir énergétique et nucléaire africain
Après 60 ans de pillage silencieux, le vent tourne.
Conclusion — L’Afrique ne demande plus : elle décide
L’uranium d’Imouraren et d’Arlit ne doit plus enrichir Paris ou les multinationales, mais le peuple nigérien, l’AES et l’Afrique.
Le message est clair :
la souveraineté n’est pas négociable.
Et comme dirait Nathalie Yamb :
« Celui qui n’est pas d’accord, il saute et cale en l’air. »
