Arrestation de Laurent Gbagbo : Simone Gbagbo raconte l’horreur et met en lumière le rôle de la France
Simone Gbagbo revient sur les circonstances de son arrestation en avril 2011 et accuse des militaires français d’avoir assisté sans intervenir aux violences qu’elle affirme avoir subies. Son témoignage relance les interrogations sur le rôle de la France dans la chute de Laurent Gbagbo. Que s’est-il réellement passé ce jour-là ?

Plus de quinze ans après la crise postélectorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo revient sur les circonstances de son arrestation aux côtés de son époux, Laurent Gbagbo. Dans un témoignage saisissant, elle décrit les bombardements, les conditions de leur reddition et les violences qu’elle affirme avoir subies sous les yeux de militaires français.
Le 11 avril 2011 reste une date marquante de l’histoire politique ivoirienne. Ce jour-là, Laurent Gbagbo, président sortant, est arrêté à Abidjan après plusieurs jours de combats intenses dans le contexte de la crise postélectorale. Son arrestation, survenue avec l’intervention de forces françaises et onusiennes dans un environnement militaire complexe, continue d’alimenter les débats sur le rôle de la France dans la chute de son régime.
Dans un témoignage consacré à cet épisode, Simone Gbagbo revient sur les derniers instants passés avec son époux avant leur arrestation. Elle décrit une résidence présidentielle soumise à de violents bombardements, tandis que des tirs retentissaient aux abords du bâtiment.
Un tunnel bombardé et une résidence devenue impraticable
Selon Simone Gbagbo, un tunnel reliait autrefois la résidence présidentielle à celle de l’ambassadeur de France. Ce passage souterrain aurait été conçu pour permettre l’évacuation du président vers l’ambassade en cas de danger. Elle affirme que Laurent Gbagbo avait fait fermer ce corridor après son arrivée au pouvoir.
Elle soutient toutefois que les forces françaises ont bombardé ce passage au cours de l’assaut. Des grenades fumigènes auraient ensuite été utilisées, rendant l’air irrespirable dans les sous-sols où se trouvaient plusieurs personnes.
Face à cette situation, les occupants auraient été contraints de remonter à la surface, alors que la résidence était, selon son récit, déjà envahie par des combattants rebelles.
Laurent Gbagbo accepte de se rendre
Simone Gbagbo explique qu’après leur sortie des sous-sols, un ministre aurait établi un contact avec l’ambassadeur de France. Selon elle, ce dernier aurait proposé de garantir leur sécurité à condition qu’ils acceptent de hisser un drapeau blanc et de se rendre.
La décision aurait été prise alors que les possibilités de résistance étaient devenues extrêmement limitées. La présence de membres de la famille, d’enfants, de petits-enfants, de ministres et du personnel de maison aurait également pesé dans ce choix.
Laurent Gbagbo aurait alors accepté de se rendre. D’après Simone Gbagbo, des hommes lui auraient immédiatement fait porter un gilet pare-balles et un casque avant de l’emmener.
Mais pour son épouse, les événements les plus éprouvants étaient encore à venir.
Simone Gbagbo affirme avoir été violemment agressée
Après le départ de Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo raconte avoir été appelée à son tour. Elle affirme avoir rencontré plusieurs responsables de la rébellion, qui lui auraient demandé de les suivre jusqu’à une voiture en direction de l’hôtel du Golf.
C’est au cours de ce déplacement qu’elle dit avoir subi de graves violences physiques. Selon son témoignage, des combattants l’auraient frappée, giflée et insultée. Certains auraient même arraché ses cheveux, persuadés qu’elle dissimulait des objets mystiques destinés à protéger le pouvoir de son époux.
Elle affirme être tombée à plusieurs reprises sous les coups et avoir finalement pu se relever grâce à l’aide d’un jeune combattant.
Un autre élément de son récit retient particulièrement son attention : la présence de militaires français sur les lieux. Simone Gbagbo affirme que ces soldats auraient assisté aux violences et filmé la scène sans intervenir pour la protéger.
Ces déclarations constituent le récit de la principale intéressée. Elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir toutes les responsabilités individuelles dans les faits qu’elle décrit.
Le rôle de la France au cœur des interrogations
Au-delà des violences qu’elle affirme avoir subies, ce témoignage relance une question centrale : quel a été le rôle exact de la France dans l’arrestation de Laurent Gbagbo ?
À la fin de la crise postélectorale, les forces françaises de l’opération Licorne et les forces des Nations unies étaient présentes en Côte d’Ivoire. Leur intervention militaire a marqué les derniers jours du pouvoir de Laurent Gbagbo, mais la nature exacte de leur participation à son arrestation demeure un sujet de controverse politique.
Dans le témoignage présenté, l’entourage de Laurent Gbagbo attribue son arrestation aux forces françaises. De son côté, le récit évoque les déclarations de Gérard Longuet, alors ministre français de la Défense, concernant le soutien apporté par les forces françaises et onusiennes.
La distinction entre l’intervention militaire ayant contribué à la chute du régime et les circonstances précises de la capture de Laurent Gbagbo reste essentielle pour comprendre cet épisode.
Un témoignage qui ravive les blessures de la crise ivoirienne
Plus de quinze ans après les événements, les circonstances de l’arrestation de Laurent et Simone Gbagbo continuent de nourrir les débats sur la souveraineté ivoirienne, les interventions étrangères et les responsabilités dans la crise postélectorale.
Le récit de Simone Gbagbo apporte un éclairage personnel sur les dernières heures passées dans la résidence présidentielle et sur les violences qu’elle affirme avoir endurées après sa reddition.
Il rappelle également combien les événements d’avril 2011 restent sensibles dans la mémoire politique ivoirienne. Pour certains, l’intervention française a contribué à mettre fin à une crise meurtrière. Pour d’autres, elle symbolise une ingérence étrangère dans les affaires souveraines de la Côte d’Ivoire.
Une chose demeure certaine : les circonstances de cette arrestation continuent de susciter des interrogations et de diviser les interprétations de l’histoire récente du pays.
Et vous, que pensez-vous du témoignage de Simone Gbagbo sur les circonstances de son arrestation et le rôle de l’armée française ?
