Burkina Faso : plus de 18 médicaments traditionnels désormais homologués

Burkina Faso : plus de 18 médicaments issus de la médecine traditionnelle sont désormais homologués et reconnus pour leur utilisation. Selon le ministère de la Santé, plus de 80 % de la population burkinabè ont recours à la médecine traditionnelle. Cette démarche vise à mieux encadrer le secteur, évaluer l’efficacité et l’innocuité des produits et favoriser la complémentarité entre médecine traditionnelle et médecine moderne.

Burkina Faso plus de 18 médicaments traditionnels désormais homologués

Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans l’encadrement de la médecine traditionnelle. Plus de 18 médicaments issus de cette pratique sont désormais homologués et reconnus pour leur utilisation dans le pays, selon le ministère de la Santé. Une évolution qui intervient alors que plus de 80 % de la population ont recours à la médecine traditionnelle.

Le secteur de la médecine traditionnelle poursuit sa structuration au Burkina Faso. À ce jour, plus de 18 médicaments traditionnels sont officiellement homologués et reconnus pour leur utilisation, a indiqué Mariam Bagagnan, directrice de la médecine traditionnelle et alternative, dans un communiqué du ministère de la Santé.

L’annonce a été faite à l’occasion de la 14ᵉ Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative, ouverte à Manga, dans la région du Nazinon. L’événement se tient parallèlement à la 24ᵉ Journée africaine de la médecine traditionnelle.

Un secteur largement utilisé par la population

Cette reconnaissance intervient dans un contexte où la médecine traditionnelle occupe une place importante dans les pratiques sanitaires du pays. Selon les autorités, plus de 80 % de la population burkinabè y ont recours.

Face à cette réalité, le gouvernement souhaite renforcer l’encadrement du secteur, notamment à travers l’autorisation de l’exercice de la profession, l’homologation des médicaments traditionnels ainsi que l’évaluation de leur efficacité et de leur innocuité.

L’objectif est de permettre aux populations d’accéder à des produits mieux contrôlés, tout en donnant davantage de visibilité aux praticiens et aux savoirs thérapeutiques issus des traditions locales.

Tradition et recherche scientifique

Présidant la cérémonie d’ouverture, la gouverneure de la région du Nazinon, Massadolo Yvette Nacoulma/Sanou, a appelé à une meilleure valorisation des connaissances et des ressources endogènes.

Elle a toutefois insisté sur la nécessité de rapprocher ces savoirs de la recherche scientifique et de la réglementation sanitaire.

« La souveraineté sanitaire ne signifie ni repli sur soi, ni rejet de la science », a-t-elle déclaré.

Pour les autorités, il ne s’agit donc pas d’opposer médecine traditionnelle et médecine conventionnelle, mais de favoriser une complémentarité entre les deux approches, dans le respect des exigences scientifiques et de la protection des patients.

Vers une meilleure intégration dans le système de santé

La 14ᵉ Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative, qui se poursuit jusqu’au 5 septembre, est placée sous le thème de l’introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des maladies.

Plusieurs activités sont prévues durant cette période, notamment des expositions, des consultations, des sessions de formation, des actions de prévention ainsi que la plantation de plantes médicinales.

Des échanges entre praticiens de la médecine traditionnelle et professionnels de santé doivent également permettre de renforcer la collaboration entre les deux secteurs.

Avec l’homologation progressive des médicaments traditionnels, le Burkina Faso cherche ainsi à mieux encadrer une pratique déjà largement ancrée dans les habitudes sanitaires de sa population, tout en valorisant les connaissances endogènes et en renforçant les exigences de sécurité et d’efficacité.

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