Depuis sa cellule en Afrique du Sud, Kemi Seba livre un troisième message de résistance et défie ses détracteurs

Depuis sa cellule de Pretoria en Afrique du Sud, Kemi Seba signe un troisième message offensif dans lequel il défend son combat panafricaniste, dénonce le néocolonialisme occidental et accuse les autorités béninoises de vouloir museler une voix dissidente. Un communiqué de résistance qui ravive le débat sur son arrestation et son avenir politique.

Depuis sa cellule en Afrique du Sud, Kemi Seba livre un troisième message de résistance et défie ses détracteurs

Dans un troisième communiqué transmis depuis sa détention à Pretoria, en Afrique du Sud, Kemi Seba affiche une détermination intacte face à ce qu’il présente comme une tentative d’élimination politique.

Dans ce message adressé à ses partisans, le président de l’ONG Urgences Panafricanistes répond à ceux qui, selon lui, pensent que son incarcération et la procédure d’extradition engagée à son encontre marqueraient la fin de son combat.

« Du fond de ma cellule, je souris », écrit-il, affirmant que ses adversaires sous-estiment la portée historique des luttes d’émancipation.

Pour Kemi Seba, les périodes d’emprisonnement constituent souvent des étapes inévitables dans le parcours des figures engagées dans les combats de libération. Il estime que les plus grands processus d’autodétermination des peuples ont toujours été jalonnés de sacrifices, de persécutions et de résistance.

Une dénonciation virulente du système béninois

Dans ce texte, l’activiste s’en prend frontalement aux autorités béninoises, accusées d’être les relais d’un système qu’il qualifie de néocolonial.

Il dénonce ce qu’il décrit comme un « apartheid économique » ainsi qu’un « démocide social » qui frapperaient durement la population béninoise, tout en profitant à une élite économique privilégiée.

Il vise particulièrement le président Patrice Talon, qu’il accuse d’avoir bâti un système favorisant une minorité économique au détriment des masses populaires, notamment autour du secteur stratégique du coton.

Un combat contre le néocolonialisme occidental

Au-delà du contexte béninois, Kemi Seba réaffirme que son engagement s’inscrit dans une lutte plus large contre ce qu’il considère comme les instruments contemporains de domination occidentale sur l’Afrique.

Parmi ses principales dénonciations figurent :

  • le franc CFA
  • les bases militaires étrangères
  • le néolibéralisme économique
  • la mainmise d’intérêts étrangers sur les ressources africaines

Il critique notamment les doctrines économiques associées à Milton Friedman et Friedrich Hayek, qu’il accuse d’avoir inspiré un modèle affaiblissant les droits sociaux et les solidarités collectives au profit d’intérêts privés.

Un appel à poursuivre le combat

Malgré sa détention, Kemi Seba se veut offensif et affirme que son engagement reste total.

« Ce combat contre les pilleurs noirs et blancs qui saignent notre continent est notre mission de vie, et nous le mènerons à terme, quel qu’en soit le prix. »

Ce troisième message intervient dans un contexte de forte mobilisation de ses soutiens à travers plusieurs pays africains, où sa détention est perçue par certains comme un symbole de confrontation entre les courants panafricanistes et les pouvoirs établis.

Distingué Docteur Honoris Causa en 2025 en République démocratique du Congo, terre de Patrice Emery Lumumba, Kemi Seba continue ainsi d’incarner, pour ses partisans, une voix radicale de contestation du système néocolonial en Afrique.

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