Mali : Adama Diarra « Ben le Cerveau », proche de Kemi Seba, condamné à quatre ans de prison ferme

Mali, Adama Diarra, dit « Ben le Cerveau » et proche de Kemi Seba, a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, par la Cour d’appel de Bamako pour des faits de menaces et d’injures via un système d’information. Retour sur cette décision de justice et son parcours politique.

Mali Adama Diarra « Ben le Cerveau », proche de Kemi Seba, condamné à quatre ans de prison ferme

L’activiste malien Adama Diarra, plus connu sous le surnom de « Ben le Cerveau » et considéré comme un proche de l’activiste panafricaniste Kemi Seba, a été condamné ce lundi par la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre ans ferme, pour des faits de menaces et d’injures commises via un système d’information.

Cette décision est moins sévère que les dix années de prison ferme réclamées par le procureur général lors de l’audience du 27 juillet. De son côté, la défense avait demandé l’acquittement de l’activiste.

Au cœur de cette affaire figure un enregistrement audio présenté comme une conversation privée. Adama Diarra a reconnu que l’une des voix était bien la sienne, tout en contestant l’authenticité de certains passages de l’enregistrement. Ses avocats ont également remis en cause les conditions dans lesquelles ce fichier a été obtenu ainsi que son intégrité technique.

Selon les éléments du dossier, les faits remontent aux préparatifs d’une manifestation prévue en janvier 2023. L’activiste soutient que cette conversation n’avait pas vocation à être rendue publique et affirme ne pas savoir comment l’enregistrement a été diffusé.

Figure emblématique du mouvement Yèrèwolo-Debout sur les remparts, Adama Diarra s’était imposé comme l’un des visages du courant souverainiste malien. Connu pour ses positions en faveur du renforcement de la souveraineté du Mali et du rapprochement avec la Russie, il entretenait également des liens avec plusieurs figures panafricanistes, dont Kemi Seba, avec qui il partageait régulièrement des prises de position sur les questions de souveraineté africaine.

Ancien membre du Conseil national de Transition (CNT) après le coup d’État de 2020, Adama Diarra avait d’abord soutenu les autorités de transition avant que leurs relations ne se détériorent, notamment après ses appels au respect du calendrier de retour à l’ordre constitutionnel.

Arrêté en septembre 2023, il avait déjà été condamné pour « atteinte au crédit de l’État », une peine qui avait été réduite en appel. Détenu depuis plusieurs mois dans le cadre de cette nouvelle procédure, le temps déjà passé en détention provisoire devrait être déduit de la peine ferme prononcée par la Cour d’appel de Bamako.

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