Bamako et Cotonou renouent le dialogue : ce que révèle la visite de Romuald Wadagni au Mali

Reçu à Bamako par Assimi Goïta, le président béninois Romuald Wadagni poursuit sa tournée diplomatique ouest-africaine. Entre coopération économique, sécurité régionale et maintien du dialogue avec les pays de l’AES, cette visite illustre la volonté des deux États de renforcer leurs relations dans un contexte régional en pleine recomposition.

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Une rencontre symbolique dans un contexte régional en pleine mutation

Le président béninois Romuald Wadagni a été reçu ce mardi 9 juin 2026 à Bamako par le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, dans le cadre d’une visite d’amitié et de travail destinée à renforcer les relations entre les deux pays.

Accueilli à l’aéroport international Président-Modibo-Keïta de Sénou avec les honneurs protocolaires, le chef de l’État béninois a ensuite eu un premier entretien avec son homologue malien avant la poursuite des échanges au palais de Koulouba.

Cette visite intervient dans un contexte particulier pour l’Afrique de l’Ouest, marqué par la reconfiguration des relations diplomatiques régionales depuis la création de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe désormais le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Le choix du dialogue malgré les nouvelles lignes de fracture régionales

Alors que le Bénin demeure membre de la CEDEAO et de l’UEMOA, les autorités béninoises semblent privilégier le maintien du dialogue avec l’ensemble des pays de la région, y compris ceux qui ont choisi une autre voie institutionnelle.

La visite de Romuald Wadagni à Bamako s’inscrit dans cette logique. Selon la présidence béninoise, sa tournée régionale vise notamment à renforcer la coopération économique, consolider la solidarité entre les peuples ouest-africains et favoriser les échanges sur les questions de sécurité.

Après plusieurs déplacements dans des pays voisins, cette étape malienne témoigne de la volonté de Cotonou de préserver des relations constructives avec l’ensemble des acteurs régionaux malgré les évolutions politiques récentes.

Des intérêts économiques qui convergent

Au-delà de l’aspect diplomatique, les échanges entre Bamako et Cotonou pourraient également porter sur les questions économiques.

Le Mali, pays enclavé, dépend fortement de ses corridors de transport pour son commerce extérieur. Dans ce contexte, le Port autonome de Cotonou représente un atout susceptible d’intéresser davantage les autorités maliennes.

Même si les corridors reliant le Mali aux ports de Dakar, d’Abidjan, de San Pedro ou encore de Lomé demeurent parmi les plus utilisés, la diversification des voies d’approvisionnement constitue un enjeu stratégique pour Bamako.

Une coopération renforcée dans le domaine des transports et de la logistique pourrait ainsi présenter des avantages pour les deux pays, sans remettre en cause les partenariats déjà existants avec d’autres États côtiers de la région.

La sécurité régionale au cœur des préoccupations

La question sécuritaire constitue également un sujet d’intérêt commun.

Le Mali reste confronté à une insécurité persistante liée à l’activité de groupes armés dans plusieurs régions du pays. De son côté, le nord du Bénin fait face depuis quelques années à une dégradation de la situation sécuritaire dans certaines zones frontalières avec le Burkina Faso et le Niger.

Si les réalités des deux pays diffèrent, la menace transfrontalière favorise naturellement les échanges sur le renseignement, la lutte contre les trafics illicites et la coopération en matière de sécurité régionale.

Une relation appelée à se renforcer

Quelques semaines auparavant, le Mali avait déjà manifesté son intérêt pour le renforcement des relations bilatérales en participant à la cérémonie d’investiture du président béninois par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop.

La rencontre de Bamako apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans le dialogue entre les deux capitales.

Si aucun accord majeur n’a encore été annoncé publiquement à l’issue des discussions, cette visite confirme la volonté des deux États de maintenir des échanges réguliers et d’explorer de nouvelles pistes de coopération dans un environnement régional en constante évolution.

Dans une Afrique de l’Ouest marquée par les recompositions géopolitiques, le choix du dialogue entre Bamako et Cotonou pourrait contribuer à préserver des passerelles diplomatiques utiles à la stabilité et à la coopération régionales.

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