Burkina Faso : l’IPN-FARAFINA installe son premier Conseil d’orientation pour renforcer la souveraineté intellectuelle et la mémoire des peuples noirs

Ouagadougou marque une nouvelle étape dans la renaissance culturelle et scientifique du Burkina Faso
Le gouvernement burkinabè a officiellement installé, le mardi 30 juin 2026 à Ouagadougou, les membres du tout premier Conseil d’orientation de l’Institut des peuples noirs (IPN-FARAFINA). Cette cérémonie, présidée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, marque une étape importante dans la volonté affichée des autorités de faire de la culture, de l’histoire et des savoirs africains des piliers de la souveraineté nationale.
L’événement s’est déroulé en présence du président de l’Institut, le Dr Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla, ainsi que de nombreuses personnalités politiques, universitaires et partenaires.
Un institut au service de la mémoire et de la renaissance africaine
Pensé comme un espace de réflexion, de recherche et de valorisation de l’héritage des peuples noirs, l’IPN-FARAFINA ambitionne de devenir une référence dans la production de connaissances africaines. Pour les autorités burkinabè, cette institution doit contribuer à restaurer la place de l’Afrique dans la production du savoir mondial et à renforcer l’indépendance intellectuelle du continent.
Dans son allocution, le Premier ministre a souligné que la relance de l’Institut répond à une ambition historique.
« À travers cet acte, nous renouons avec une ambition interrompue. »
Selon lui, les peuples africains doivent connaître leur histoire, préserver leur mémoire collective et assumer pleinement leur dignité afin de participer, en toute souveraineté, au progrès de l’humanité.
La souveraineté ne se limite pas aux questions militaires
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a rappelé que la souveraineté d’un État dépasse largement les seules dimensions politique, économique ou sécuritaire.
Pour le Chef du Gouvernement, elle englobe également les domaines culturel, scientifique, linguistique, spirituel et mémoriel. Il a estimé qu’un peuple incapable de maîtriser son propre récit historique demeure vulnérable aux influences extérieures et aux différentes formes de dépendance.
Face aux défis contemporains, il a appelé l’IPN-FARAFINA à devenir un véritable outil de libération des consciences et de reconquête de la pensée africaine.
Faire de l’Afrique un producteur de savoirs
Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité pour le continent de produire ses propres connaissances, ses innovations et ses modèles de développement.
Selon lui, l’Afrique ne peut plus se contenter d’être étudiée ou de subir des décisions prises à l’extérieur. Elle doit désormais devenir pleinement actrice de son destin en s’appuyant sur ses réalités, ses ressources intellectuelles et ses traditions.
Cette vision s’inscrit dans la stratégie plus large du Burkina Faso visant à promouvoir les savoirs endogènes comme levier de développement et d’affirmation de la souveraineté nationale.
Douze personnalités panafricaines au sein du Conseil d’orientation
Le Conseil d’orientation de l’IPN-FARAFINA est composé de douze personnalités reconnues pour leur engagement intellectuel et panafricain.
Il est présidé par l’enseignant-chercheur Claude Aimé Tassembedo.
Les autres membres sont :
- Franklin Nyamsi ;
- Nathalie Yamb ;
- Abdoul Niang ;
- Sogoyou Kokou Keguewe ;
- Sié De Bindouté Da ;
- Serge Bayala ;
- Boukary Nébié ;
- Éric Wilfrid Yirim Zouré ;
- Wendlarima Hyacinthe Ouédraogo ;
- San Simon Coulibaly ;
- Zakaria Koumaré.
Le Chef du Gouvernement a invité ces personnalités à mettre leurs compétences au service des peuples noirs en développant des recherches utiles, des formations structurantes, des contenus pédagogiques accessibles ainsi qu’un important travail de sauvegarde des archives historiques.
Il a également insisté sur leur rôle dans le renforcement de l’éducation patriotique et panafricaine de la jeunesse africaine.
Faire de l’IPN-FARAFINA un centre d’excellence
Prenant la parole au nom des membres du Conseil, Claude Aimé Tassembedo a salué la vision portée par le Président du Faso et le Gouvernement burkinabè.
Il s’est engagé à faire de l’Institut un centre d’excellence scientifique, un gardien de la mémoire historique des peuples noirs et un espace de dialogue entre le Burkina Faso, le continent africain et sa diaspora.
Une nouvelle étape pour la souveraineté intellectuelle du Burkina Faso
Avec l’installation de son premier Conseil d’orientation, l’IPN-FARAFINA ouvre un nouveau chapitre de son histoire.
Les autorités burkinabè souhaitent faire de cette institution un acteur majeur de la recherche, de la préservation du patrimoine historique, de la valorisation des savoirs endogènes et du rayonnement culturel des peuples noirs.
À travers cette initiative, le Burkina Faso réaffirme son ambition de placer la souveraineté intellectuelle au cœur de son projet de renaissance nationale et panafricaine, en faisant de la mémoire, de la science et de la culture des instruments essentiels de son développement et de son indépendance.
