Côte d’Ivoire : la Cour d’Appel ordonne la libération provisoire de Ibrahim Zigui

La Cour d’Appel d’Abidjan a ordonné, ce lundi 6 juillet 2026, la mise en liberté provisoire du cyberactiviste Ibrahim Zigui, condamné en première instance à cinq ans de prison pour « provocation à l’insurrection » et « trouble à l’ordre public ». Cette décision, qui suspend son incarcération dans l’attente de la suite de la procédure, intervient dans un contexte politique sensible et est perçue par de nombreux observateurs comme un possible signe d’apaisement.

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La justice ivoirienne a rendu une décision très attendue ce lundi 6 juillet 2026. La Cour d’Appel d’Abidjan a ordonné la mise en liberté provisoire de Ibrahim Zigui, connu pour son engagement en faveur de l’opposition et son soutien affiché à l’ancien président Laurent Gbagbo.

Cette décision suspend son incarcération au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (anciennement MACA), où il était détenu depuis plusieurs mois à la suite de sa condamnation en première instance. Elle intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, à quelques mois de l’élection présidentielle.

Me Ange Rodrigue Dadjé salue une décision de justice

À l’annonce de cette décision, l’avocat d’Ibrahim Zigui, Me Ange Rodrigue Dadjé, a rapidement réagi en exprimant sa satisfaction.

« Merci aux Autorités ivoiriennes et à la Justice pour leur clémence. Merci Seigneur », a déclaré l’avocat.

Cette réaction traduit le soulagement du collectif de défense du jeune , qui contestait depuis plusieurs mois la sévérité des poursuites engagées contre son client.

Une affaire qui avait suscité une vive polémique

L’affaire Ibrahim Zigui remonte à septembre 2025. Le cyberactiviste avait été interpellé à son domicile par les forces de l’ordre dans une opération qui avait rapidement provoqué de nombreuses réactions.

Ses proches ainsi que ses avocats avaient dénoncé ce qu’ils qualifiaient d’« enlèvement », affirmant que son lieu de détention était resté inconnu pendant quatre jours. Ils avaient également indiqué que son domicile avait fait l’objet d’une fouille complète lors de son arrestation.

L’affaire avait rapidement pris une dimension politique, plusieurs acteurs de l’opposition dénonçant une atteinte à la liberté d’expression.

Une vidéo au cœur des poursuites

Les poursuites judiciaires engagées contre Ibrahim Zigui faisaient suite à la diffusion d’une vidéo publiée sur ses comptes TikTok et Facebook, où il rassemble plusieurs centaines de milliers d’abonnés.

Dans cette vidéo, le jeune communicant appelait la population, en particulier la jeunesse, à se mobiliser massivement le jour de la publication de la liste définitive des candidats retenus par le Conseil constitutionnel pour l’élection présidentielle.

Les autorités judiciaires avaient estimé que ces propos étaient susceptibles d’entraîner des troubles à l’ordre public.

Des excuses publiques avant le procès

Quelques mois après son arrestation, Ibrahim Zigui avait adopté une posture d’apaisement.

En mars 2026, il avait présenté des excuses publiques au président de la République ainsi qu’à la présidente du Conseil constitutionnel, dans l’espoir de voir sa situation judiciaire évoluer favorablement.

Malgré cette démarche, la justice de première instance avait maintenu une ligne particulièrement ferme.

Une condamnation lourde en première instance

Le 18 mai 2026, le tribunal criminel avait condamné Ibrahim Zigui à cinq années de prison ferme.

La juridiction l’avait reconnu coupable de « provocation à l’insurrection » et de « trouble à l’ordre public », assortissant cette peine d’une amende de 20 millions de FCFA.

Cette condamnation avait suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique et dans les milieux de la société civile.

Une décision qui relance le débat politique

La décision rendue ce lundi par la Cour d’Appel ne remet pas définitivement en cause la procédure judiciaire engagée contre Ibrahim Zigui, mais elle suspend son maintien en détention dans l’attente de la suite de la procédure.

Sur le plan politique, cette mise en liberté provisoire est déjà perçue par plusieurs observateurs comme un geste susceptible de contribuer à une décrispation du climat politique.

L’évolution de cette affaire continuera d’être suivie avec attention, tant sur le plan judiciaire que politique.

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