ONU : le Togo fait adopter une résolution pour une carte du monde plus fidèle aux superficies

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution portée par le Togo visant à promouvoir des cartes du monde représentant plus fidèlement la superficie réelle des continents, notamment celle de l’Afrique.

Avec 164 voix pour, une contre et six abstentions, cette initiative encourage l’utilisation de projections à surfaces équivalentes comme Equal Earth, afin de limiter les distorsions de la projection de Mercator.

Pour Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, « corriger la carte » revient aussi à corriger notre manière de percevoir le monde.

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Une nouvelle bataille se joue autour de la représentation du monde. L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté vendredi une résolution portée par le Togo visant à promouvoir des représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles des continents, notamment celle de l’Afrique.

Le texte a recueilli 164 voix pour, une contre et six abstentions, les États-Unis étant le seul pays à avoir voté contre. La résolution n’est toutefois pas juridiquement contraignante.

Une initiative portée par le Togo

Présentée par le Togo, la résolution encourage les États, les institutions internationales, les médias et les acteurs du numérique à diversifier leurs représentations cartographiques et à privilégier, lorsque la comparaison des superficies est importante, des projections dites « à surfaces équivalentes ».

Parmi les projections concernées figure notamment Equal Earth, conçue pour représenter les superficies des territoires de manière proportionnelle.

Pour Lomé, cette initiative vise notamment à corriger les perceptions liées à l’utilisation massive de la projection de Mercator.

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a salué l’adoption du texte comme une étape historique.

« Corriger la carte signifie corriger la manière dont nous voyons le monde », a-t-il déclaré.

La projection de Mercator au cœur du débat

Utilisée depuis plusieurs siècles, la projection de Mercator présente une caractéristique importante : elle déforme progressivement la taille apparente des territoires à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur.

Les régions situées à proximité des pôles apparaissent ainsi beaucoup plus grandes qu’elles ne le sont réellement.

L’Afrique est particulièrement concernée par cette perception. Avec une superficie d’environ 30,4 millions de kilomètres carrés, le continent est près de quatorze fois plus vaste que le Groenland. Pourtant, sur certaines cartes utilisant la projection de Mercator, les deux territoires peuvent sembler relativement comparables en taille.

Cette différence entre la superficie réelle et la représentation visuelle alimente depuis plusieurs années les débats sur la manière dont les cartes façonnent notre perception du monde.

« Une victoire pour l’Afrique », selon Robert Dussey

Pour le chef de la diplomatie togolaise, l’adoption de cette résolution dépasse largement le domaine de la cartographie.

Au nom du président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, Robert Dussey a remercié les États ayant soutenu l’initiative.

Il a présenté le vote comme « une victoire pour l’Afrique », mais également comme une avancée pour tous ceux qui souhaitent une représentation du monde « plus équitable, plus équilibrée et plus précise ».

Selon le ministre, les cartes ne sont pas de simples outils techniques. Elles participent également à la construction des représentations que les populations se font des différents continents et de leur importance dans le monde.

Mercator ne sera pas interdite

L’adoption de la résolution ne signifie toutefois pas la disparition de la projection de Mercator.

Le texte ne demande pas son interdiction, notamment parce qu’elle demeure adaptée à certains usages techniques, comme la navigation maritime et aérienne.

L’objectif est plutôt de favoriser l’utilisation de projections à surfaces équivalentes dans les domaines où la comparaison des superficies est essentielle.

L’éducation, les médias, les publications scientifiques, les institutions internationales et les environnements numériques sont notamment concernés.

Une bataille pour l’image de l’Afrique

Au-delà de la cartographie, l’initiative togolaise s’inscrit dans un débat plus large sur la représentation de l’Afrique dans le monde.

Pour ses promoteurs, une carte n’est jamais totalement neutre lorsqu’elle devient le principal support utilisé pour visualiser les territoires. La manière dont les continents sont représentés peut influencer leur perception, notamment auprès des jeunes générations.

Avec cette résolution, le Togo entend donc encourager une nouvelle approche de la représentation géographique du monde.

Lomé prévoit désormais de promouvoir son application dans ses propres supports éducatifs et de poursuivre le plaidoyer auprès des États, des organisations internationales et des acteurs technologiques.

Si la résolution de l’ONU n’impose aucune nouvelle carte du monde, elle marque néanmoins une étape symbolique : celle d’une volonté de représenter les territoires avec davantage de précision et de remettre en question certaines perceptions héritées de plusieurs siècles de cartographie.

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