Le Sénégal prend les commandes de la CEDEAO : Bassirou Diomaye Faye et le général Birame Diop aux postes clés

Lungi (Sierra Leone) – Le Sénégal renforce son influence au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Réunis à Lungi, en Sierra Leone, à l’occasion de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants ouest-africains ont confié au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye la présidence en exercice de l’organisation, tandis que le général Birame Diop a été désigné président de la Commission de la CEDEAO pour le mandat 2026-2030.
Cette double nomination marque une nouvelle étape dans le rôle du Sénégal au sein de l’organisation régionale. En prenant simultanément la tête de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement et de l’exécutif communautaire, Dakar se retrouve au centre des grandes orientations politiques, économiques et sécuritaires de la CEDEAO.
Le général Birame Diop succède au Gambien Omar Alieu Touray, dont le mandat de quatre ans a été marqué par plusieurs crises majeures, notamment les changements anticonstitutionnels de gouvernement, la montée de l’insécurité dans la région, les transitions politiques, les difficultés économiques et les conséquences du changement climatique.
Ancien ministre des Forces armées du Sénégal et ancien conseiller militaire du Secrétaire général des Nations Unies, Birame Diop est reconnu pour son expérience en matière de paix, de sécurité, de prévention des conflits et de gouvernance. Les autorités sénégalaises estiment que sa nomination reflète la confiance des États membres dans l’engagement du Sénégal en faveur de l’intégration régionale.
Lors de son discours d’adieu, Omar Alieu Touray a rappelé que la CEDEAO traversait « un tournant important » de son histoire. Il a appelé les États membres à accélérer les réformes en adoptant un « Pacte pour l’avenir » visant notamment à porter le commerce intrarégional à 40 % d’ici 2035, à créer un marché numérique unique à l’horizon 2030, à renforcer l’intégration énergétique et à améliorer l’autonomie financière de l’organisation.
De son côté, le président Bassirou Diomaye Faye a affiché plusieurs priorités pour son mandat. Il entend accélérer l’opérationnalisation de la force régionale de lutte contre le terrorisme, renforcer la coopération militaire entre les États membres, améliorer les mécanismes de financement de la CEDEAO et mieux protéger les populations affectées par les crises sécuritaires.
Cette nouvelle gouvernance intervient dans un contexte où les relations entre la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, restent un enjeu majeur pour l’avenir de l’intégration régionale. Les prochains mois seront déterminants pour définir la nature des rapports entre les deux ensembles régionaux.
Avec cette double responsabilité confiée au Sénégal, la CEDEAO ouvre un nouveau chapitre de son histoire, marqué par la recherche d’une plus grande stabilité, d’une intégration économique renforcée et d’une réponse commune aux défis sécuritaires qui touchent l’Afrique de l’Ouest.
